Espace Pro

« ALL BLUES »

Quand le blues est raconté avec amour et modernité

Sortie de l’album le 21 Août 2020

« Norbert Galo, guitariste de génie, transporte le public dans un monde d’enchantement des sens »
Le Progrès

« Norbert Galo,flanqué d’impressionnants et virtuoses complices, sait emmener son public dans de nombreuses contrées des répertoires blues-jazz souvent teintés d’énergie rock. »
La Voix du Nord

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Contact Production CD : Olivia Rivasseau, Mistiroux Productions
06 83 58 54 51 – info@mistirouxprod.com
Booking : Claire Place, l’Enclume
06 18 71 99 04 – booking@norbertgaloandfriends.com

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Norbert Galo & Friends quartet :
Norbert Galo, guitare : voix (Deep Forest, Ana Torroja, Josh Groban)
Christian Belhomme : claviers (Steve Shehan quartet)
Félix Sabal-Lecco : batterie (Sting, Peter Gabriel…)
Laurent Vernerey : basse (Johnny Hallyday, Manu Katché Quartet)

Guests possibles sur scène :
Beverly-Jo Scott : chant
Steve Shehan : percussions
Eric Le Lann : trompette
Michel Sanchez : clavier, accordéon

Pour Norbert Galo, guitariste, orchestrateur, arrangeur, « session man » parmi les plus demandés, la naissance de cet album répond à un désir de recentrage sur son instrument, afin de « rentrer un peu plus profondément dans ce qu’(il) avai(t) à dire ». En réalité, ce « retour aux sources » du discours musical et du plaisir guitaristique a commencé par un voyage de 7 ans sur un voilier, au cours duquel Norbert a « bourlingué » un peu partout à travers le monde (Malte, Espagne, Atlantique, Caraïbes…), renouant par là même avec ses émotions premières et ce qui l’a poussé vers la musique, notamment le blues.

Dans la vision qu’il propose de cette musique, la géographie prendra donc toute sa place. Pour mettre en scène ces paysages sonores et dévoiler au passage ses états d’âme (car telle est bien la « matière première » du blues), le guitariste va prendre soin d’ajuster sa focale, jaugeant à chaque fois la bonne distance, donnant le juste éclairage, ménageant l’angle le plus pertinent. D’où cette approche « cinématographique » – voire même « panoramique » – du blues, filtrée « ici et maintenant » à travers le regard de l’artiste, faisant de chaque pièce et de chaque chanson une histoire amoureusement ciselée, aussi bien que l’élément d’un puzzle à découvrir au fil de l’écoute.

Norbert aime « construire sur la liberté des gens ». Lorsque le projet se met en place, au début des années 2010, et que vient le premier concert en 2014 (en première partie de Larry Carlton), le guitariste s’en remet à l’amitié de complices avérés. Christian Belhomme (piano), Laurent Vernerey (basse) et Félix Sabal-Lecco (batterie) constitueront le « noyau » de cette famille musicale qu’il souhaite agréger autour de lui. Et lorsque Steve Shehan (percussions), Eric Le Lann (trompette) ou Michel Sanchez (accordéon) se joignent à la fête, c’est autant de « conteurs d’histoires » qui viennent partager le récit, en toute élégance.

En navigateur avisé, Norbert n’ignore pas les nécessités de l’ancrage. En la matière, notre homme n’a rien d’un dilettante ! Il serait plutôt du genre à « creuser » chaque thème, chaque perspective. Ce voyage à travers « l’esprit » du blues s’effectuera donc en connaissance de cause, selon un itinéraire balisé par quelques chansons emblématiques, au cours duquel trois continents seront successivement abordés. L’Amérique. L’Afrique. L’Europe.

Placé en ouverture, Delta to Delta plante le décor. Du Delta de la Casamance (de l’île de Gorée, où « les frères ont vendu leurs frères ») au Delta du Mississippi (creuset du blues), se joue l’essentiel de cette histoire, aussi bien sur le plan musical que sur celui de la destinée (comment d’ailleurs séparer les deux ?). Ecrite en collaboration avec Félix Sabal-Lecco (qui chante en boulou, une des langues du Cameroun, où il est né), le titre trace sa route, évoluant habilement par paliers (guitare acoustique, groove, ouverture « pop »). « On lâche les familles, les racines, son être-même, pour être autre chose… Là on n’a pas hésité, on a été dans notre film. », commente justement Norbert, pour évoquer cette souffrance et ce « rêve de liberté ».

La reprise de Ces gens-là, de Brel, n’est pas la moindre trouvaille de cet album. De là à penser qu’elle pourrait en être une des « clefs de voûte », il n’y a qu’un pas… En offrant cette relecture de l’idiome à travers le prisme européen, et même « hexagonal » (en ce qui concerne la langue), Norbert redéfinit et colore en effet superbement « son » blues. « J’ai toujours cette image de Brel suant à l’un de ses derniers concerts à l’Olympia, et là, je vois un bluesman !, remarque-t-il. Rien de plus « bluesy » que ce texte et cette histoire. On est dans une fatalité de tristesse et d’encombrement de vie dont on ne peut pas se détacher. » Cette pulse de shuffle rabattue sur un rythme à trois temps frappe en tout cas comme une évidence. Le guitariste a l’intelligence de convoquer ici l’accordéon, à l’exact croisement de l’esprit cajun et d’un certain réalisme à la française (Piaf, Brel) – tout un symbole ! –, et de ne pas « surjouer » le lyrisme, en laissant toute sa place au texte, porté par la voix de Beverly Jo Scott. « Pour ce seul morceau en français, j’ai voulu que ce soit une Américaine qui chante », glisse-t-il malicieusement. De l’art du (mé)tissage…

Dans cet album très « produit », où Norbert investit son savoir-faire d’homme de studio tout en s’imposant comme un éminent coloriste (pas un coup de guitare de trop, chaque trait à sa place…), déployant, du solo absolu (The Flying Mermaid) aux pièces plus orchestrées ou « concertantes » (One Step Up), instrumentales ou chantées, à l’électrique ou à l’acoustique (A Few Miles), une remarquable palette sonore (« Il faut avoir le son de ce que tu as envie d’entendre, que le son soit à la mesure de ce que tu as à raconter », aime-t-il à rappeler), All Blues (seul morceau capté « live ») fait figure d’exception et de pierre angulaire. Pour ce coup de chapeau à Miles Davis, le plus « blues » des grands du jazz (dans ses inflexions et jusque dans ses silences), Norbert « lâche les lions », donnant la pleine mesure de son jeu, en toute sensibilité. « On était tête baissée, sans savoir où on allait, on a avancé comme ça, les yeux dans les yeux », raconte-t-il. Du jazz et du blues, on ne sait qui le premier est venu « frôler » l’autre, mais c’est à travers ce mélange très inspirant des souffles (entre autres, celui de la trompette) que Norbert décline tous « ses » blues. « J’aime bien qu’il y ait une réminiscence un peu rêveuse de tout ça, précise-t-il, quelque chose qui vient te parler de loin. » On ne saurait mieux dire !

Max Robin